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Rêve de bisounours

J’ai cru longtemps à ce rêve.

Celui d’un monde uni.

Celui d’un monde sans frontières,

avec un seul intérêt commun : le bien de tous.


Quel rêve de bisounours.


À quel moment ai-je pu croire à une telle utopie ?

Je crois que ça remonte au début des années 80.


Un vent de liberté soufflait sur la France.

La FM, les clips, le design,

une autre façon de travailler, de penser.

Et SOS Racisme.


Je m’y étais lancée à corps perdu.

J’avais 12 ans.

Je vendais des pins,

ces petites mains de couleur avec écrit

« Touche pas à mon pote ».


À cette époque, j’avais compris une chose :

le racisme était le fruit de l’ignorance.


Plus tard, j’ai compris qu’il fallait remonter

à l’ère du colonialisme pour en saisir les racines.


Et aujourd’hui, dans le tournant géopolitique

que nous vivons en direct sur nos téléphones,

le colonialisme fait son grand retour.


À la vue de tous.


Ce qui me glace,

c’est que peu de gens semblent mesurer

l’impact de ces instants sur un futur très proche.


Alors, avant de pouvoir répondre

« je suis une enfant du monde »

à la fameuse question

« vous venez d’où ? »,

je plonge mon esprit dans mes toiles

et je reste vigilante.


Il est difficile d’agir concrètement

face aux désordres qui s’installent.


Mais laisser cette appréhension

s’exprimer à travers ces lignes,

c’est déjà un premier pas.

 
 
 

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