Créer sans preuve
- Coralie Tirail
- 8 févr.
- 2 min de lecture
Parfois, les événements nous mènent là où nous devons aller,
pour faciliter notre compréhension de la vie.
Il n’y a pas de hasard,
seulement des évidences
qui se présentent à nous
sans crier gare.
Deux heures d’immersion dans une exposition
pour comprendre enfin
ce qui bloque
et m’empêche d’évoluer.
Depuis des semaines,
je cherche à réaliser LA toile.
Celle qui marquerait.
Celle qui m’élèverait
au rang d’artiste légitime.
Mais à force de créer
pour obtenir un résultat supposé,
j’ai perdu cette sensation incroyable
ressentie lors de ma première toile.
Cette toile,
je ne l’ai peinte pour personne.
Enfin si.
Pour moi.
Pour me sentir bien.
Pour exorciser
certaines sensations douloureuses.
Et pendant toute sa création,
j’étais déconnectée
de moi-même
et des autres.
Aujourd’hui, lorsque je peins,
je pense au regard.
À la vidéo qu’il faudra en extraire
pour créer un réel
à la hauteur de l’algorithme Instagram.
Alors oui,
peindre reste un plaisir.
Mais un plaisir fragile.
Parce que je ne suis plus
dans le lâcher-prise de la création,
mais dans le contrôle
de mon ambition.
Je cherche à séduire.
Et surtout,
je cherche à expliquer,
à symboliser les émotions
que je tente de déposer sur la toile.
Cette exposition m’a rappelé plusieurs choses.
D’abord,
qu’il n’y a aucune limite
à l’art que je souhaite pratiquer.
Ensuite,
que la peinture
n’a pas à être expliquée.
Elle renvoie simplement
le spectateur
à lui-même.
J’ai compris où je veux aller.
Être une artiste,
ce n’est pas être aimée
parce qu’on a respecté
les équilibres
et les grands principes ancestraux.
Être une artiste,
c’est pouvoir s’exprimer,
quel que soit le médium,
sans explication futile.
Être une artiste,
c’est avoir le privilège
de susciter des émotions,
aussi surprenantes
soient-elles.
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